La plastie mammaire pour hypertrophie mammaire

renseignements pratiques

  • type : suppression de l'excès cutané et réduction de glande mammaire
  • anesthesie : générale
  • durée de l'intervention : 2 à 3 heures
  • hospitalisation : 48 heures
  • désocialisation : 5 jours

avantages :

Traite les seins volumineux et souvent tombants.

Qu'est la plastie mammaire ?

La plastie mammaire est une technique chirurgicale qui permet de corriger un volume de seins trop important associé, le plus souvent, à une ptose (affaissement des seins) et à un certain degré d'asymétrie.

L'intervention consiste à réduire, remonter, symétriser et remodeler les seins avec des cicatrices très modérées, dans leur majorité, dissimulées dans les sillons naturels.

Le principe

L'intervention consiste à réduire des seins dont le volume est trop important, à repositionner le mamelon trop bas situé et à redessiner la projection du sein.

Il s'agit de pratiquer une ablation du tissu glandulaire d'une part, afin de remonter le volume glandulaire résiduel, et une ablation de la peau d'autre part, afin d'adapter l'enveloppe cutanée au nouveau volume.

Les sutures de la découpe cutanée sont à l'origine des cicatrices proportionnelles à l'importance de l'hypertrophie ou de la ptose. Les cicatrices ont, le plus souvent, la forme d' «une encre marine » avec trois composantes : périarealoire (tout autour de l'aréole), verticale (entre le pôle inférieur de l'aréole et le sillon sous mammaire), horizontale (dissimulée dans le sillon sous mammaire). La longueur de cette dernière cicatrice est proportionnelle à l'importance de l'hypertrophie et de la ptose.

Parfois, notamment dans les cas plus modérés, on peut utiliser une méthode dite « verticale » qui permet de supprimer la cicatrice transversale dans le sillon sous mammaire et de réduire la rançon cicatricielle aux seules composantes verticales et périarealaire.

Une plastie mammaire pour hypertrophie peut être effectuée à partir de la fin de la croissance et pendant toute la durée de la vie.

Une grossesse ultérieure est bien évidemment possible ainsi qu'un allaitement, même si l'on conseille d'attendre au moins six mois après l'intervention.

Avant l'intervention

Un bilan pré-opératoire est réalisé conformément aux prescriptions. Le médecin anesthésiste sera vu au plus tard 48 heures avant l'intervention. Outre les examens pré-opératoires habituels, il peut être utile de vérifier l'imagerie mammaire (mammographie, échographie).

Type d'anesthésie et modalité d'hospitalisation :

Il s'agit d'une anesthésie générale classique, durant laquelle la patiente dort complètement. Très rarement, notamment dans les cas d'hypertrophie très importante, une autotransfusion peut être justifiée. L'hospitalisation peut varier de un à trois jours en fonction des suites post-opératoires.

L'intervention
Pour obtenir les meilleurs résultats, certains principes de base sont essentiels:
  • Les incisons sont réalisées sur le dessin pré-établi, en fonction de la technique par le chirurgien.
  • La découpe de la glande est effectuée selon des axes et des critères codifiés pour obtenir des seins remontés et harmonieusement galbés.
  • Les tissus enlevés sont systématiquement adressés à un laboratoire d'anatomie pathologique pour être examinés au microscope (examen histologique).
  • Les sutures sont normalement faites avec des fils complètement résorbables.
  • En fin d'intervention un pansement modelant, avec des bandes élastiques, en forme de soutien-gorge est confectionné.
  • En fonction du chirurgien et de l'importance de l'hypertrophie, l'intervention peut durer de deux à trois heures.
Les suites opératoires

En général peu douloureuses, elles ne nécessitent que des simples antalgiques.

Un odème et des ecchymoses des seins, ainsi qu'une gêne à l'élévation des bras sont fréquemment observés.

Le premier pansement est retiré le lendemain et remplacé par un soutien-gorge de type sportif qu'on conseille de porter nuit et jour, pendant environ un mois.

Il convient d'envisager une convalescence et un arrêt de travail d'une durée de 8 à 15 jours. La reprise de l'activité sportive peut advenir après un ou deux mois.

Le résultat

Assez rapidement après l'intervention, la poitrine a normalement un galbe harmonieux, symétrique ou très proche, et naturel. Au delà de l'amélioration locale, cette intervention a en général un retentissement favorable sur l'équilibre du poids, la pratique des sports, les possibilités vestimentaires et l'état psychologique de la patiente.

Il faut simplement attendre le délai nécessaire à l'atténuation des cicatrices et observer pendant cette période une bonne surveillance, au rythme d'une consultation environ tous les trois mois pendant un an.

Les imperfections du résultat

Il s'agit essentiellement des cicatrices car il est fréquent qu'elles prennent un aspect rosé et gonflé au cours des deuxièmes et troisièmes mois postopératoires. Au-delà, elles s'estompent progressivement jusqu'à devenir, avec le temps, peu visibles.

Dans tous les cas, une correction chirurgicale secondaire peut être effectuée, mais il convient d'attendre au moins un an après l'intervention.

La durée des implants mammaires

Une prothèse, en gel de silicone ou en sérum physiologique, a une durée de vie incertaine, difficile à estimer car cela dépend de plusieurs facteurs.

Une femme porteuse d'implants mammaires est exposée au risque d'avoir recours à une intervention complémentaire de remplacement pour que l'effet esthétique soit maintenu. Cependant, il faut savoir qu'un implant de qualité n'a pas une durée de vie a priori limité : il n'y a pas d'échéance au-delà de laquelle le changement de la prothèse est obligatoire. Ainsi en absence d'usure ou de complication, l'implant peut être conservé aussi longtemps que la patiente le désire.

Les complications envisageables
Malgré leur faible fréquence, il faut quand même connaître les complications possibles :
  • Les accidents thromboemboliques (phlébite, embolie pulmonaire), bien qu'extrêmement rares sont parmi les plus redoutables. Des mesures préventives rigoureuses doivent en minimiser l'incidence : port de bas anti-thrombose, lever précoce, éventuellement traitement anti-coagulant.
  • Une infection nécessite un traitement antibiotique et parfois un drainage chirurgical.
  • Un hématome peut nécessiter un geste d'évacuation au bloc opératoire.
  • Une nécrose de la peau ou de la glande, très rarement observée aujourd'hui avec les techniques modernes, peut être responsable d'un retard de la cicatrisation.
  • Des altérations des la sensibilité , notamment mamelonaire, peuvent être observées, mais tout revient à la normale dans les six mois, un an.
  • L'évolution des cicatrices peut être défavorable, d'apparition et d'évolution imprévisibles, et nécessiter des traitements locaux spécifiques souvent longs.

Ainsi dans la très grande majorité des cas, cette intervention, bien étudiée au préalable et correctement réalisée, donne un résultat très appréciable.

Au total, il ne faut pas surévaluer les risques, mais simplement prendre conscience.